sans titre

Armoise

Art tes mises à stellaire
honneur jamais traduit ma somme
pauv’père en aire blanche armoise
feutrée citronnelle boutons-disques or terne
neume note grace discorde concorde
un souffle absinthe-des-rivages aurone abrotone
broussaille cotonneuse herbe-à-la-vue vers-de-livre brouillent
vieux iris-d’yeux toujours-verts serviteurs ensoleillent

Zukofsky

le poème-à-retenir

le poème-à-retenir commence par les mots: N’OUBLIE PAS: TODAY IS THE FIRST DAY OF THE REST OF YOUR LIFE entendu à la radio et fascine toujours par son actualité la logique décalée rebute certains auditeurs par quelque frisson de joie comme la vie est bizarre pensent-ils nous assumons jusqu’au bout les invitations alléchantes c’est-à-dire que nous nous efforçons de ne pas oublier l’incontournable maxime et une fois mémorisée il ne nous reste rien d’autre à faire que d’attendre demain est un autre jour il se lève oui hélas non au final ce ne sont que confusion consternation mine dépitée effort inutile d’avoir trop appris il est là et n’est pas le premier jour attendu que faire quoi faire là sur-le-champ tout oublier mais alors foin du plaisir ou bien tout laisser comme ça mais là on nous le gâche systématiquement en cas de conscience embarras du choix et problèmes vitaux singuliers et que nous nous soyons décidés ou pas nous n’avons rien d’autre à faire que d’attendre l’émission suivante TODAY IS THE REST OF YOUR LIFE

Oskar Pastior

L’innocence

Je regarde la mer, c’est une ligne
continue de montagnes.

C’est le ciel.
C’est la terre. Où
nous vivons, là.

C’est une brume
tangente à une autre maintenant
calme. Ici les feuilles
commencent, là
le rocher est visible

encore visible.
Ce que je commence à faire
est en partie, partiellement tenu.

Robert Creeley

blanc