13 juin

Et un texte:

Le bleu a toujours été depuis Miró la couleur des rêves (in)certains. Et le ciel à Rome a des bleus denses, permanents, traversés. Le feu ne peut détruire les livres car nous, les résistants, nous les apprenons par cœur. C’est une lente répétition de souffles. Ceci dit, c’est est le bleu une tache et le titre est Photo. Non, ce n’est pas une tache, c’est un nuage de bleus. Traversant le blanc du ciel. Notre série de ciels sont des ciels photographiés.  Sur eux ou à partir d’eux plutôt, on peut lire un texte, un poème. Nous avons cherché des ciels qui nous surplombent, qui nous protègent, des ciels de lit aussi, l’enfance, la calligraphie.

La photo du lys – fleur reçue – a été faite à Bruxelles en octobre 2016. Le ciel était gris, le lys blanc. Le lys tache. L’annonciation.

Le Concetto spaziale de Lucio Fontana de 1960 est une constellation, avec des trous d’univers. Le ciel n’était plus une surface, il devenait profond, selon Giordano Bruno.

Santa Maria Antiqua nous a bouleversé. Le palimpseste surtout. L’éternelle superposition des temps romains. Des temps.

Le Tempietto de Bramante : l’absolu de sa rigueur (expérimentale).

Une étagère où chuta une branche, une tesselle, un polaroïd, une carte postale, deux glands. Fleurs, fruits, pubis, mosaïque.

Une photographie de ciel romain, le soir.

Giotto, Capella dei Scrovegni. L’Inconstance : le contraire de la vertu cardinale Force. Fragile déséquilibre. Roue de l’infortune. Sur un fond de ciel noir.

Pierre Henri de Valenciennes : le plein air (avant les Impressionnistes) est italien, le paysage historique, les études de ciel à Rome, notamment. C’est « le ciel qui donne le ton de fonds. » « C’est du ton du ciel que dépend tout l’ensemble d’un tableau. » Des nuages tout aussi bien. Cette fluidité qui va du permanent – du bleu permanent – du ciel, aux nuages.  (Les environs de Rocca di Papa, Etudes de ciel au Quirinal)

Statua, de Giuseppe Ungaretti. Il y a une statue (et d’autres statues mouillées) que nous croisons à chaque fois que nous venons à la librairie. Et une jeunesse à ses pieds. Cela suffit. Ce texte de 1927 est publié dans le recueil Sentiment du temps, « où il apparaît peu à peu, écrit Philippe Jacottet, que la vraie passion d’Ungaretti, c’est la lumière. »

Le tissu enrobe la déesse et le marbre est léger. Sous le ciel antique, l’abîme en statue, toujours, comme moment. Moment : Statua fit partie à l’origine d’un ensemble nommé 3 moments.

Paul Cézanne, Baigneuses (ca 1870) : les corps se déplacent dans l’espace, ils sont dits célestes. Un gamin de Vieste nous a dit cet été : le matin, la mer est céleste. Cézanne peint des Leda, des baigneuses, des Olympia, des pins et une montagne, tous, tous corps célestes.

Nobuyoshi Araki, la jeune femme, le ciel, le visage est un ciel, le ciel est un visage, le ciel est sexué, ardent, c’est une double page, c’est un livre, c’est l’infini visage de la rencontre.

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